Soudeur (revue France Photographie) - Bernard Joseph Kuhn

Analyse parue dans "Cahier d'analyses 2016", une publication de la Fédération Photographique de France.


SOUDEUR, DE  MICHEL VOGEL

Analyse de Bernard Kuhn, août 2015


Le bras du soudeur ferme l'image à droite et se fait oublier, après avoir d'emblée renvoyé notre regard sur l'action. Mais les deux reflets à gauche, trop présents, piègent et distraient le regard, sans être constitutifs ni de l'architecture de l'image, ni de la narration. Car l'éclat de l'arc électrique est le cœur de l'action. Tout y converge, tout s'en dégage.

Y converge l'électrode fusible, guidée par la pression contrôlée de la main. L'œil du soudeur, protégé par son masque, s'y concentre. Arc électrique, œil et main créent ainsi un triangle dynamique virtuel. Dynamique pourtant paradoxalement très statique, tant la précision du toucher impose la lenteur du geste.

Une faible gerbe d'étincelles jaillit du contact, laissant ainsi la part belle aux volutes de fumées qui virevoltent. Une envolée éthérée, servie par une danseuse à la chevelure folle, des yeux en amandes, le nez mignon, la bouche sévère, une taille de guêpe, le sein conquérant... Hasard de la prise de vue ?

Belle et poétique mise en scène en tout cas, où, dans un bleu sidéral constellé d'éclats d'or, un spationaute ressuscite Persée, Héphaïstos et Terpsichore.

BK

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