Viva la muerte (revue France Photographie) FR + EN - Bernard Joseph Kuhn

[English translation below]


Analyse parue dans "Cahier d'analyses 2015", une publication de la Fédération Photographique de France.

VIVA LA MUERTE, DE JEAN-PIERRE CLAIRCY

Analyse de Bernard Kuhn - août 2015


Cette scène est centrée autour d'un feu, un engin pyrotechnique probablement, dont l'importance spatiale que lui réserve l'auteur en présumerait une importance sémantique. L'élément est pourtant illisible par manque d'informations, réduit à une tache blanche et grise, à des artefacts disgracieux, bref à une vaste zone surexposée - corrigée ? - dont les aplats sont difficiles à assumer dans une photo descriptive.

Photo pourtant fort bien exposée pour les autres zones. Le feu de Bengale remplit parfaitement son rôle d'éclairagiste. Il hiérarchise acteurs, spectateurs, squelette, tout en diffusant ses fumées pour dramatiser l'action. Avec une réserve concernant le spectateur fantôme à droite, présent sans l'être, et qu'un recadrage en 4/3 aurait pu éliminer, tout en rééquilibrant l'image par la même occasion.

Le photographe a bien rendu la fête, thème du challenge. Tambours et cymbales, élans et danses. La photo est sonore, lumineuse, dynamique. Si l'homme en génuflexion triomphale souffre de l'ignescence qui lui fait face, la femme, elle, est captée dans l'expression extrême de son exaltation et constitue le centre d'intérêt indéniable de la scène. Le feu la sert bien, ainsi que la nuit sur laquelle se détache sa jaculation. La gestuelle des musiciens vient rythmer les réjouissances. Le tambour placé au premier plan dit adroitement l'importance de la musique dans cette composition.

¿Viva la muerte? L'allégorie de la mort paraît bien pâle et effacée au sommet de la pyramide. Mais pourquoi une soucoupe volante , feux d'atterrissage allumés, aux côtés du trépas ? Un clin d'œil vers un possible au-delà ?

Si la relation avec le titre manque de conviction, la description de la dimension festive est en revanche réussie.

BK

__________

• Translated with Internet’s help.  

VIVA LA MUERTE, BY JEAN-PIERRE CLAIRCY

Analysis by Bernard Kuhn - August 2015

Issued in ""Cahier d'analyses 2015", a publication of the French Photography Federation. 


This scene is centered around a fire, a pyrotechnic machine probably, whose spatial importance that the author reserves for it would presume a semantic importance. The element is however illegible for lack of information, reduced to a white and grey spot, unsightly artifacts, in short to a large overexposed area - corrected? - whose flat areas are difficult to assume in a descriptive photo.

Photo yet very well exposed for other areas. The Bengal fire perfectly fulfills its role of lighting designer. He hierarchizes actors, spectators, skeleton, while spreading his fumes to dramatize the action. With a restriction however: the phantom spectator on the right, present without being, which a crop in 4/3 could have eliminated, while rebalancing the image at the same time.

The photographer has well rendered the festivity, theme of the challenge. Drums and cymbals, impulses and dances. The photo is sonorous, luminous, dynamic. If the man in a triumphant genuflection suffers from the brightness that faces him, the woman is captured in the extreme expression of her exaltation and constitutes the undeniable center of interest of the scene. The fire serves her well, as well as the night on which her fervor stands out. The gestures of the musicians come to punctuate the festivities. The drum in the foreground deftly says the importance of music in this composition.

¿Viva la muerte? The allegory of death seems pale and effaced at the top of the pyramid. But why a flying saucer, landing lights on, alongside the death? A nod to a possible beyond?

If the relationship with the title lacks conviction, the description of the festive dimension is however successful.

BK


Powered by SmugMug Log In